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Infolettre NaturoMag
Le courrier naturopathique
Édition printemps 2007
Une publication de la
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ÉTUDE DE CAS
La maladie de Crohn.
La maladie de Crohn est une affection inflammatoire observée le plus souvent à la portion terminale du gros intestin et à la région anale. Cependant elle peut être localisée à n’importe quel autre niveau du tube digestif.
Il s’agit d’une maladie chronique touchant principalement les adultes de 20 à 40 ans, mais qui peut survenir dès l’enfance et jusqu’à 70 ans. Elle est plus fréquente en Amérique du Nord et en Europe du Nord. Les Juifs Ashkénazes, plus que Séfarade, sont sujets à contracter cette maladie. Elle est cependant de fréquence intermédiaire en Europe du sud et rare dans les autres parties du monde enfin elle plus fréquente en milieu urbain qu’en milieu rural. L’incidence de cas familiaux (jumeaux, frères et sœurs) est supérieure aux lois du hasard. C’est donc dire que lorsqu’un membre d’une famille est atteint, il a plus de chance qu’un autre membre de la famille soit atteint que dans la population en générale.
Tout cela porte à penser que la génétique, les habitudes alimentaires traditionnelles, l’environnement et possiblement le stress pourraient avoir une influence sur son développement.
I) Tableau clinique
La maladie de Crohn se caractérise par des poussées inflammatoires de gravité variable alternant avec des phases de rémission de durée parfois prolongée. Les principaux symptômes sont :
- douleurs et crampes abdominales;
- sang dans les selles;
- diarrhées
- diminution de l’appétit et amaigrissement
- fièvre modérée
- fatigue, asthénie
- ballonnements
- gaz
- sténose
- occlusion
- infection et abcès
N.B. Cette maladie peut entraîner d’autres réactions inflammatoires pouvant endommager le tube digestif, comme la colite ulcéreuse.
II) Hypothèse étiologique retenue par les intervenants du GRAIS-UQAM
C’est au docteur Burril Crohn (1932) que nous devons le nom de cette maladie. Pour la médecine officielle dite allopathique, il s’agit d’une affection inflammatoire d’étiologie encore inconnue et incurable.
C’est ainsi, que l’unique traitement proposé par la médecine allopathique, c’est les anti-inflammatoires, les immunosuppresseurs et l’intervention chirurgicale.
Contrairement à la médecine officielle, l’équipe du GRAIS-UQAM, qui propose une approche intégrée en santé, pense que nous sommes là en présence d’un profil réactionnel individuel (PRI) ayant ces propres facteurs initiateurs, promoteurs et déclencheurs comme c’est le cas dans toutes les autres maladies qui ne sont que des réactions personnalisées d’adaptation à des stimuli internes et externe.
PRI = (FI + FP) FD.
a) Les facteurs initiateurs (FI) retenus pour la maladie de Crohn:
Retenons une prédisposition génétique (hérédité) ou la présence d’un agent infectieux opportuniste (bactéries ou virus) induit par les modifications du terrain biologique : en effet, l’histoire familiale et des gènes identiques sur le chromosome 16 ont été découverts chez certains patients atteints de cette maladie. Ce qui laisse supposer une prédisposition à cette maladie.
Pour les agents infectieux, le Clostridium difficile, le Mycobactérium paratuberculosis et le virus de la rougeole ont été détectés chez plusieurs personnes atteintes de cette maladie. Ces agents sont –ils les causes ou seulement les effets de la détérioration du milieu interne ?
b) En ce qui concerne les facteurs promoteurs (FP) de la maladie
C’est en particulier une bioaccumulation de substances toxiques xéno biotiques en provenance de l’environnement et de l’alimentation, principalement certains métaux lourds, qui est à incriminer. En ce qui concerne plus particulièrement les habitudes alimentaires, on a retrouvé des différences significatives entre le régime alimentaire des sujets sains et celui des personnes atteintes de la maladie de Crohn. Parmi ces différences citons, les intolérances aux produits laitiers et à certaines céréales, la qualité et la quantité de fibres consommées, les matières grasses, en particulier la margarine hydrogénée et les gras trans, les sucres raffinés, les céréales raffinées et certains additifs alimentaires . Enfin, il est souvent question de facteurs de stress chronique non contrôlés ou de conflits non résolus.
c) En ce qui concerne les facteurs déclencheurs (FD)
Un conflit cognitif ou une inhibition d’action occasionnée par l’accumulation de facteurs de stress chronique, une intoxination et intoxication causées par une ou des intolérances alimentaires conduisant à une dysbiose intestinale, des déficiences nutritionnelles persistantes et un stress oxydant entraînent la production de métabolites intermédiaires toxiques (MIT) acides, radicaux libres, etc.
III) Projet de recherche
Nous avons suivi pendant huit semaines un groupe de dix personnes ayant été diagnostiquées pour cette maladie en comparaison avec un autre groupe de personnes asymptomatiques. Les personnes malades refusaient de suivre le traitement médical qui leur était proposé.
IV) Démarche clinique proposée
1) Bilan de santé naturopathique (BSN)
Pour valider l’hypothèse étiologique auprès des deux groupes. Ce bilan comprenait l’évaluation des différentes composantes biochimique, émotionnelle, structurelle et environnementale. C’est ainsi qu’au plan biochimique, on a procédé à : :
- Analyse nutritionnelle;
- Test bioélectronique pour évaluer le niveau d’encrassement en MIT;
- Test des allergies et intolérances alimentaires Ig E et Ig G;
- Test des selles pour la recherche d’agents infectieux;
- Test des acides gras pour l’évaluation du métabolisme des graisses
- Test des cheveux pour détecter les métaux lourds.
2) Analyse des résultats
Auprès des participants malades, contrairement aux participants sains, le BSN a permis de mettre en lumière de nombreuses intolérances alimentaires, des déséquilibres dans le métabolisme des graisses et de la flore intestinale, la présence d’amalgames, donc de métaux lourds, d’agents pathogène dans les selles, de carences nutritionnelles multiples. Un niveau d’oxydation élevé, une élévation de la pression osmotique qui sont des signes d’encrassement cellulaire ont été observés, ainsi que des facteurs de stress non résolus, des déviations de la colonne vertébrale et des structures musculaires affaiblies.
3) Protocole d’intervention
Un plan d’intervention personnalisé fut proposé à chacun des participants selon les données découlant de leur BSN.
On y retrouvait
- un programme alimentaire individualisé tenant compte de la quantité, la qualité, la complémentarité et de la compatibilité alimentaire.
- un programme de supplémentation pour combler les carences tant en nutriments nécessaires pour la reconstruction du système digestif avec par exemple du L-glutamine, de la vitamine A, C, de l’EPA, des enzymes digestives, des pro et des pré biotiques etc.
-un programme d’exercices comprenant des mouvements isodynamiques avec l’exerciseur bali pour la rééducation posturale, de l’étirement et des méthodes de relaxation.
- un programme de gestion de stress pour la résolution des conflits, tenant compte des agents stressants identifiés.

Conclusion :
Après huit semaines de ce protocole qui a été réajusté après les quatre premières semaines d’application, la majorité des participants ont vu une nette amélioration de leur état de santé, tant au niveau du tableau clinique que des paramètres biochimique et biométrique:
Au niveau clinique :
- une réduction de leurs douleurs abdominales;
- une réduction des diarrhées;
- une amélioration de leur état de fatigue;
Au niveau biochimique :
- le comblement des carences identifiées (B 12, fer, magnésium, etc)
- le redressement du stress oxydatif (l’oxydation est passée de 28 à 26 et l’acidose métabolique (pH urinaire est passé de 5 à 7 le soir)
- etc
Nous sommes arrivés à la conclusion, qu’une telle approche intégrée si elle est maintenue pendant un temps assez long, peut interrompre le processus de cette maladie auto-immune. Mais encore faudra t-il que le malade soit pris en charge dès l’apparition des premiers symptômes. Et qu’il faut savoir interpréter et non pas combattre avec une simple approche anti-symptomatique les symptômes identifiés. De plus, c’est comme pour l’alcoolisme, il ne faut pas avoir peur des rechutes : bien qu’elles soient fatales, on peut s’en remettre.
– Le groupe de recherche en approche intégrée en santé de l’Université du Québec à Montréal (GRAIS-UQAM)
Sous la direction de Jean-Claude Magny Ph.D [2]
avec la collaboration du
naturopathe clinicien Michel Lecomte n.d.
Références :
Fattorosso, V Ritter,O Vademecum clinique, du diagnostic au traitement, 1998, Masson.
Baumer, Dr P. La maladie de Crohn….Informations pour les patients et leur famille.
www.afa.asso.fr/Fr-Crohn.htm Septembre 1999
Murray, M., Pizzorno, J. Encyclopedia of natural medecine, 2 nd edition – 1998.
Parent, G. Approche orthomoléculaire, cahier de cours ÉESNQ - 2005.
[1] Une publication de la Fondation de bienfaisance de l’École d’enseignement supérieur de naturopathie du Québec (ÉESNQ)
[2] Jean-Claude Magny est directeur de l’École d’enseignement supérieur de naturopathie du Québec, professeur au département de Kinanthropologie de l’Université du Québec à Montréal et praticien à la clinique médicale holistique de Beloeil (Québec).
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